Blog #7 – La décision !

La décision de tout quitter pour partir en van s’est prise en exactement une nuit. Je vais recontextualiser un peu tout ça.

Quand nous habitions sur Paris, plus précisément à la Courneuve, une rue derrière la cité des 4400, nous avions quand même la chance d’avoir une petite maisonnette dans la cour de notre propriétaire. C’était plutôt pratique puisqu’en tant qu’artiste — notamment pour moi, Thomas — ça me permettait de faire pas mal de sessions de musique sans avoir à me soucier des voisins. Un luxe, pour un musicien.

Cependant, ce n’était pas sans compter sur notre propriétaire qui, après avoir passé plusieurs mois dans la maison, nous a fait bien comprendre qu’il n’aimait pas les artistes. Il nous considérait comme des arrivistes, prêts à tout pour se tirer vers le haut et enfoncer les autres, au point de profiter sans retenue du système. Bref, je ne vais pas m’étaler plus sur le sujet.

Bon, vous l’aurez compris, la vie avec cet odieux personnage était vraiment très compliquée. Certains pourraient me dire que j’exagère un peu, alors voici un petit exemple, un seul, pour que vous compreniez de quoi je parle.

Devant les fenêtres de la maison, il avait posé d’énormes bacs de fleurs. Les jours de pluie, même intense, il sortait les arroser — histoire de se rapprocher des fenêtres et de nous épier. Toute cette mascarade pour être sûr que nous ne détruisions pas son cher garage… euh… sa maison. Donc de temps en temps, moi qui aimais bien avoir mon bureau près de la fenêtre, et Sarah qui aimait bien faire son yoga à la lumière du jour, nous avions la désagréable surprise de voir une grosse tête de vieil homme nous regarder chez nous.

Voilà, je crois avoir posé assez de contexte. Un matin de mars 2020, en plein confinement pendant le Covid, nous nous sommes encore pris de bec avec ce monsieur. Sauf que cette fois-ci, c’est parti très loin. Trop loin. Il y a peu de personnes qui me font perdre mon sang-froid, mais lui, il en fait partie, et j’ai bien failli en venir aux mains — voire aux poings — avec lui.

Suite à cette charmante conversation, la tête en feu et le sang qui bouillonnait, ni une ni deux, j’ai pris la décision de déposer le préavis pour la maison, directement. Pas un courrier que j’aurais ensuite pris le temps de poster : je l’ai fait directement sur le site de la Poste, avec envoi immédiat. Et voilà, c’était fait. Il nous restait un mois pour partir et pour voir ce qui pouvait être possible.

Le lendemain, j’ai commencé à regarder des maisons, car je ne me voyais plus être locataire. J’avais envie de pouvoir être libre et ne plus rien devoir à aucun propriétaire. Et puis, de fil en aiguille, Sarah et moi avons cherché du côté des terrains agricoles, puis des terrains de loisirs, caravanes, mobil-home, tiny house…

Puis dans la nuit, je suis tombé sur un couple qui avait aménagé un utilitaire en van. J’ai regardé des vidéos sur le sujet toute la nuit et bingo : pour moi, c’était évident, la solution était là.

Avec le Covid toujours en cours, l’impossibilité de travailler, et aucune vision sur l’avenir, Sarah et moi ne nous voyions pas rester à Paris. Par contre, nous n’avions pas non plus l’intention de vivre sans un minimum de confort. Il fallait donc réfléchir au chauffage pour l’hiver, à la douche quotidienne (ou presque), et surtout à l’électricité — en geek qui se respecte, je devais trouver une solution pour continuer à utiliser ma tour gaming.

Et c’est donc en avril-mai que nous avons quitté Paris pour la première fois, et que cette nouvelle aventure a commencé.