Après un mois dans le nord, en janvier, ça commençait à être compliqué pour moi, car il fallait faire attention aux réserves des batteries pour l’électricité. Ce qui voulait aussi dire que nous ne pouvions pas avancer sur le montage des vidéos pour la chaîne YouTube. Nous avions beau chercher des endroits pour nous alimenter en courant, c’était vraiment très compliqué, et nous ne voulions pas non plus aller dans des campings, bien que nous l’ayons fait une fois pour nous dépanner.
Et puis le froid, le vent, le manque de soleil commençaient à impacter mon moral. Même Max ne voulait jamais sortir du véhicule, lui qui adorait explorer et nous suivre en balade. Nous devions l’installer bien au chaud dans nos manteaux pour qu’il voit l’extérieur. Bref, pour tous les trois, il était grand temps de partir vers des contrées plus chaudes.

Nous avons donc regardé la carte de France et cherché l’endroit où il y aurait du soleil la semaine suivante… Perpignan !
Nous avons pris trois jours pour faire la route de Caen à Perpignan. Vous me direz, pourquoi trois jours ? Tout simplement parce que nous avions le temps, mais aussi parce que j’étais le seul conducteur (Sarah n’avait pas encore son permis) et que je n’avais pas envie de conduire pendant des heures et des heures. Nous n’empruntions pas l’autoroute, trop chère avec le van, et préférions voyager lentement et découvrir les paysages variés de notre beau pays.
Lorsque nous sommes arrivés du côté de Narbonne, la température a grandement changé la donne… Au revoir les gants, le bonnet, l’écharpe : nous étions en sweat, en T-shirt, beaucoup plus légers et à l’aise. Nous y sommes restés quelques jours, et au final, nous ne sommes même pas allés jusqu’à Perpignan, qui devait pourtant être notre destination.
Nous avons passé un peu de temps dans la nature avec Max, notre chat. Il faisait assez bon pour qu’on puisse le libérer… Ou plutôt, c’est lui qui souhaitait enfin sortir du véhicule pour profiter du beau temps ! C’était un plaisir de le voir à nouveau grimper aux pins et sauter partout comme un fou ! Après quelques jours sur place, nous avons rejoint la tatie de Sarah, et sommes passés par le Lac du Salagou. C’est vraiment un très bel endroit, avec ses terres rouges, ses petites collines, ses cactus et ses forêts de pins. Ce décor nous a fait penser aux paysages d’Australie !

Par la suite, nous avons longé une grande partie du sud de la France en direction de Nice.
Un soir, en quittant Nice, nous cherchions un endroit pour passer le week-end et travailler sur les vidéos. On aimait bien faire ça : se trouver un spot pour quelques jours, perdu au milieu de nulle part, pour être tranquilles et bosser. Sauf que pendant le trajet, nous ne nous étions pas rendus compte que notre téléphone ne captait plus du tout le réseau. Arrivés sur place, en regardant nos écrans, nous nous sommes dit : « Ah, zut, pas de réseau. Bon, on ne peut pas rester là, redescendons un peu pour voir si on capte… »
Sauf que c’était un chemin de montagne où nous ne pouvions pas faire demi-tour. Alors nous avons roulé, et roulé… et roulé sur cette petite route étroite sans aucun bas-côté pour faire chemin inverse, jusqu’à finalement retrouver du réseau, mais plus aucun endroit où dormir, et la nuit qui commençait à tomber. Nous avons regardé sur Park4Night pour trouver un endroit où se parquer, mais c’était assez loin… Nous n’avions donc pas d’autres choix que de continuer à rouler, mais cette fois-ci tellement loin qu’à un moment donné, j’ai demandé à Sarah : « Euh… c’est quoi, ce truc blanc au bord de la route ? »
Nous nous étions tellement enfoncés dans la montagne sans nous rendre compte de l’altitude, qu’il y avait de la neige autour de nous ! En seulement quelques heures, nous étions quand même passés de Nice, où nous étions en T-shirt, à une montagne enneigée.


Malgré l’obscurité, on arrivait tout de même à deviner l’ombre d’immenses montagnes autour de nous, et le GPS nous indiquait un terrain où nous parquer à une centaine de mètres droit devant. Avançant prudemment, seulement guidés par nos phares, je me rendais bien compte que le chemin devenait de moins en moins praticable. Et la dernière maison qu’on a croisée était à une dizaine de km derrière nous. Sentant le mauvais plan, nous nous sommes arrêtés, et avons commencé à faire demi-tour, mais nous étions en train de nous enliser ! À tel point que ça a été un enfer pour sortir, surtout avec un véhicule de 2,7 tonnes. Après les efforts de Sarah pour trouver des bâtons suffisamment solides à caler sous les roues, j’ai dû jouer avec le moteur, pour faire une sorte de balancement répétitif avec le poids du véhicule pour nous sortir de là. Et ce n’était vraiment pas terrible pour le moteur.
Une fois le véhicule dégagé, nous nous sommes posés un peu plus loin, là où c’était plus sûr, et sommes repartis le lendemain vers un meilleur endroit — avec, en prime, une 2e leçon : toujours prévoir où dormir bien avant que la nuit tombe, même si pour cela il faut changer nos plans, avec ou sans réseau.

