Blog #5 – Née pour le théâtre

Quand j’ai rencontré Sarah en 2012, elle était serveuse en restauration. Après quelques rendez-vous, nous sommes allés dans un petit théâtre juste à côté de chez moi, dans les pentes de la Croix-Rousse à Lyon : ça s’appelait le Nombril du Monde.

Le soir où nous y sommes allés, les comédiens faisaient des matchs d’improvisation théâtrale, des spectacles où deux équipes s’affrontent sur des histoires qu’elles créent sur le moment, sans préparation ni texte appris au préalable.

Après cette soirée, nous en avons beaucoup parlé, et je me suis rendu compte que Sarah était vraiment mordue de théâtre. Et à juste titre : elle avait pratiqué durant toute sa jeunesse. Mais ce sera sûrement mieux si c’est elle qui vous en parle. Alors à toi la parole, ma chère…

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Allez ! C’est parti. Tout d’abord, faut savoir qu’après mon bac, je me suis installée sur Lyon pour entrer en licence d’Histoire de l’Art et Anthropologie.

Mais la vraie raison d’avoir choisi cette ville était en fait le Conservatoire d’Art dramatique, que j’avais l’espoir d’intégrer. Mais l’échec de mon année de fac et ma vie d’amusement à Lyon m’ont progressivement éloignée de mon but principal, si bien que je me suis retrouvée serveuse, sans autre but à l’époque que de payer mon loyer.

Quand Thomas m’a invitée au théâtre pour un rendez-vous galant, je me suis rendu compte que j’avais oublié les raisons de ma venue dans cette ville. J’avais oublié mon but : faire du théâtre. En voyant les comédiens sur scène, je me suis dit : « C’est à leur place que je devrais être. » Après ça, je me suis inscrite au cours d’impro, dans le même théâtre. J’y ai rencontré une équipe superbe avec qui je m’amusais, et surtout, je retrouvais mon âme d’enfant.

Déterminée à reprendre mon rêve en main, j’ai préparé mon concours pour le conservatoire pendant plusieurs semaines. Malheureusement, je n’ai pas été retenue. À l’époque, il y avait environ 1200 candidats pour 30 places. Ce qui est frustrant dans ce genre de concours, c’est qu’on ne connaît jamais les raisons pour lesquelles on n’est pas retenu. Ou alors, c’est très rare, et ça dépend du jury qui vous auditionne.

Qu’à cela ne tienne ! Me voilà repartie pour auditionner dans une école à deux pas de chez Thomas, avec qui j’habitais depuis quelques mois : les Cours Myriade.

Cette année-là, je me suis littéralement é-cla-tée. Je me sentais libre d’exploiter mon potentiel, je me sentais à ma place, mes professeurs me faisaient me sentir compétente, douée — ce qui m’encourageait à continuer dans cette voie. En parallèle, pour payer ces études et participer au loyer, je continuais de travailler en restauration.

J’avais également eu la chance de faire ma première figuration dans Amis publics, d’Édouard Pluvieux, avec Kev Adams, Vincent Elbaz et Paul Bartel. On avait tourné toute la nuit dans un casino près de Lyon. On avait froid, c’était long, mais il y avait une superbe ambiance sur le tournage. C’était une chouette expérience, et ça m’a donné envie de diversifier mon jeu, pas seulement au théâtre, mais aussi à l’écran.