Blog #8 – L’aménagement du Van

Nous avons mis exactement trois mois pour aménager notre van, de juillet 2020 à septembre 2020.

Dans la mesure où nous avions déjà réfléchi à l’aménagement, nous sommes arrivés chez mes parents un mois avant et avons passé un maximum de commandes (bois, panneaux solaires, lanterneau, fenêtre, etc.).

Nous avons réfléchi pas mal de temps à la manière d’aménager notre van. Vu que nous voulions y vivre toute l’année à temps plein, il fallait absolument être autonomes en électricité, en eau et en chauffage. Nous avons donc fait le choix de prendre deux réservoirs d’eau de 70L chacun, 900W de panneaux solaires répartis en 3 panneaux, avec 3 batteries plomb carbone de 160A chacune. À cette époque, les batteries lithium coûtaient trop cher pour nous, vu la quantité qu’il nous fallait. Pour le chauffage, nous alimentions la chaudière au GPL avec une bouteille de 26L.

Il fallait vraiment tout regarder et faire attention aux différentes normes, car nous voulions passer le van en catégorie VASP, et ce pour une raison très simple : nous ne voulions pas avoir à tout démonter lors d’un passage au contrôle technique. Pour être en VASP, il faut respecter 5 points :

  • Avoir une cuisine fixe (peu importe la manière dont vous l’alimentez — gaz, diesel, etc.)
  • Avoir une table et des assises
  • Avoir une banquette transformable en lit, ou un grand lit fixe
  • Avoir des rangements
  • Le tout doit être inamovible

Nous avons donc tout fait nous-mêmes. À l’époque, passer par un aménageur professionnel devait coûter dans les 8000 euros, avec un délai de livraison d’au moins 6 à 8 mois. Il était donc hors de question d’attendre aussi longtemps, et puis nous avions aussi envie de vivre cette expérience par nous-mêmes. Autant dire que ça n’a pas toujours été simple et que nous avons eu pas mal de déconvenues, mais c’était quand même une très chouette expérience.

Nous avons posé des plaques de liège pour l’isolation phonique, et de la laine de bois pour l’isolation thermique. C’est long, chiant, et ça gratte, donc j’ai laissé Sarah s’en occuper… aussi parce qu’avec ses petites mains, elle pouvait passer partout et en mettre dans tous les recoins.

Pour l’électricité, même si ce n’était pas nécessaire, nous avons ajouté des gaines en plus des câbles. Nous avons tiré une ligne en 12V pour les appareils qui ne nécessitaient pas de 220V, et une ligne en 220V pour les ordinateurs et les appareils un peu plus gourmands.

Le gaz nous a pris pas mal de place, car il fallait fabriquer un caisson étanche avec des grilles d’aération donnant sur l’extérieur (une basse et une haute). Avec mon père, nous avions bien galéré au moment de fixer correctement la bouteille avec ses armatures. C’était vraiment tendu, mais au moins, plus rien ne bougeait.

Pour les murs, nous avons choisi l’OSB : nous aimions bien le relief que ça donnait avec la peinture. Pour les meubles, c’était du contreplaqué 9mm. Le plus dur dans la fabrication des meubles, c’est surtout la forme des murs, qui ne sont pas droits mais incurvés en remontant vers le toit. Il nous a donc fallu faire des patrons en carton pour les dessiner, et parfois recommencer et peaufiner plusieurs fois pour arriver au bon résultat.

L’électricité était aussi un gros morceau : il nous a fallu fabriquer des attaches pour fixer les supports des panneaux solaires au toit. Nous avons acheté des plaques en inox, collées et fixées avec des vis auto-perforantes. Puis nous avons collé au Sikaflex caravane les supports, pour enfin y poser les panneaux solaires. Il fallait bien calculer la taille des panneaux afin d’en mettre un maximum sur le toit, tout en respectant les deux emplacements réservés aux lanterneaux. Nous avons donc posé un panneau sur la largeur, un sur la longueur, et le petit à l’extrémité. Le tout accompagné de 3 batteries plomb carbone, pour un total de 480A. Certains me diront que c’était abusé, et je répondrai que pour une installation destinée à des vacances d’été, c’est effectivement le cas — mais il faut comprendre que le but était surtout de voyager toute l’année, donc aussi en hiver, quand il y a très peu de soleil.

Car le panneau photovoltaïque fonctionne avec la lumière, mais il faut quand même un certain ensoleillement pour qu’il tourne à plein régime. Autant dire qu’avec une tour gaming et deux écrans de 27 pouces dans le van, quand je jouais ou travaillais le soir, le pourcentage des batteries fondait comme neige au soleil. En 5-6 heures, il fallait absolument que j’arrête d’utiliser le PC : j’étais presque descendu sous les 50% de batterie. Et avec des plombs carbones, il ne faut pas descendre en dessous, au risque de diminuer drastiquement leur espérance de vie sur le long terme.

J’étais vraiment content et reconnaissant de partager cette expérience avec mon père. Il a été d’une grande aide, même si nous nous prenions parfois la tête sur la meilleure façon de faire les choses. Je passais mes nuits à réfléchir aux étapes suivantes, et j’ai toujours eu une facilité à me projeter dans des projets et à voir les choses en perspective.

Fin septembre, nous étions juste dans les temps pour l’aménagement. Nous avions fait le plus gros, et il ne nous restait que la peinture et quelques finitions à faire. Mais nous étions prêts pour partir à l’aventure.