Je me souviens que le matin même de remonter sur Paris, nous étions vraiment dans le rush pour finir les derniers ajustements. C’était surtout quelques rangements et des détails comme faire le lit, mettre des rideaux — rien d’exceptionnel.
À midi, nous étions prêts. Nous avons dit au revoir à mes parents et avons pris la route. C’est la première fois, je crois, que je voyais mon père presque les larmes aux yeux au moment où nous sommes partis. Nous avons vraiment vu qu’il était touché ; pour lui, à ce moment-là, c’était sans doute un peu la fin d’une belle aventure… Et dans ma mémoire, je ne crois pas que nous ayons déjà traversé une expérience similaire de toute notre vie. Pour être honnête, j’en suis vraiment reconnaissant, et je pourrais la recommencer sans problème, juste pour partager ce temps avec lui à nouveau !
Merci, mon père !
Nous sommes montés sur Paris en octobre 2020. À la base, nous devions y aller parce que j’avais une tournée prévue avec un saxophoniste américain, sauf que vous connaissez déjà la suite de l’histoire. Les clubs et les lieux de culture ont commencé à fermer tout doucement, et en 15 jours, tout avait fermé. Nous avons dû annuler la tournée… Le second confinement arrivait à grands pas !


Nous avons donc fait deux-trois escales avant de revenir chez mes parents pour y passer le mois de décembre et Noël ensemble.
Cette petite période en van nous a quand même permis de voir comment ça se passait dans notre nouvelle vie, notamment pour la consommation de gaz, d’électricité et d’eau. C’était tout nouveau pour nous : nous passions d’années en appartement à un espace tout petit. Nous vivions quand même à temps plein à deux dans 8m² — c’était vraiment une chambre de bonne à Paris, avec les WC et la douche dans la même pièce que la cuisine. Aucune place pour l’intimité, et on se marchait littéralement dessus. Mais bon, ça faisait déjà 8 ans que nous vivions ensemble avec Sarah, donc rien d’insurmontable… pour le moment !

