Catégorie : Non classé

  • Blog #5 – Née pour le théâtre

    Blog #5 – Née pour le théâtre

    Quand j’ai rencontré Sarah en 2012, elle était serveuse en restauration. Après quelques rendez-vous, nous sommes allés dans un petit théâtre juste à côté de chez moi, dans les pentes de la Croix-Rousse à Lyon : ça s’appelait le Nombril du Monde.

    Le soir où nous y sommes allés, les comédiens faisaient des matchs d’improvisation théâtrale, des spectacles où deux équipes s’affrontent sur des histoires qu’elles créent sur le moment, sans préparation ni texte appris au préalable.

    Après cette soirée, nous en avons beaucoup parlé, et je me suis rendu compte que Sarah était vraiment mordue de théâtre. Et à juste titre : elle avait pratiqué durant toute sa jeunesse. Mais ce sera sûrement mieux si c’est elle qui vous en parle. Alors à toi la parole, ma chère…

    —

    Allez ! C’est parti. Tout d’abord, faut savoir qu’après mon bac, je me suis installée sur Lyon pour entrer en licence d’Histoire de l’Art et Anthropologie.

    Mais la vraie raison d’avoir choisi cette ville était en fait le Conservatoire d’Art dramatique, que j’avais l’espoir d’intégrer. Mais l’échec de mon année de fac et ma vie d’amusement à Lyon m’ont progressivement éloignée de mon but principal, si bien que je me suis retrouvée serveuse, sans autre but à l’époque que de payer mon loyer.

    Quand Thomas m’a invitée au théâtre pour un rendez-vous galant, je me suis rendu compte que j’avais oublié les raisons de ma venue dans cette ville. J’avais oublié mon but : faire du théâtre. En voyant les comédiens sur scène, je me suis dit : « C’est à leur place que je devrais être. » Après ça, je me suis inscrite au cours d’impro, dans le même théâtre. J’y ai rencontré une équipe superbe avec qui je m’amusais, et surtout, je retrouvais mon âme d’enfant.

    Déterminée à reprendre mon rêve en main, j’ai préparé mon concours pour le conservatoire pendant plusieurs semaines. Malheureusement, je n’ai pas été retenue. À l’époque, il y avait environ 1200 candidats pour 30 places. Ce qui est frustrant dans ce genre de concours, c’est qu’on ne connaît jamais les raisons pour lesquelles on n’est pas retenu. Ou alors, c’est très rare, et ça dépend du jury qui vous auditionne.

    Qu’à cela ne tienne ! Me voilà repartie pour auditionner dans une école à deux pas de chez Thomas, avec qui j’habitais depuis quelques mois : les Cours Myriade.

    Cette année-là, je me suis littéralement é-cla-tée. Je me sentais libre d’exploiter mon potentiel, je me sentais à ma place, mes professeurs me faisaient me sentir compétente, douée — ce qui m’encourageait à continuer dans cette voie. En parallèle, pour payer ces études et participer au loyer, je continuais de travailler en restauration.

    J’avais également eu la chance de faire ma première figuration dans Amis publics, d’Édouard Pluvieux, avec Kev Adams, Vincent Elbaz et Paul Bartel. On avait tourné toute la nuit dans un casino près de Lyon. On avait froid, c’était long, mais il y avait une superbe ambiance sur le tournage. C’était une chouette expérience, et ça m’a donné envie de diversifier mon jeu, pas seulement au théâtre, mais aussi à l’écran.

  • Blog #4 – Une vie de musicien

    Blog #4 – Une vie de musicien

    Dans le précédent blog, je vous ai parlé de musique, ou plutôt de mon métier de musicien, et principalement en mal. Je vais essayer de rectifier le tir aujourd’hui et vous raconter pourquoi j’ai fait ce métier pendant tant d’années.

    Pour commencer, mon rapport avec la musique a débuté vers l’âge de 8 ans. Comme beaucoup d’enfants, mes parents m’ont inscrit à l’école de musique du village. J’en ai fait quelques années, solfège et compagnie, mais le travail, la rigueur et, en vrai, le fait de devoir travailler seul dans ma chambre, ça me saoulait. Je ne comprenais pas vraiment l’utilité et surtout, je n’y arrivais pas, ce qui me frustrait énormément. Du coup, comme beaucoup d’enfants, j’ai abandonné très tôt, vers 11 ans.

    Arrivé au lycée, j’ai rencontré un groupe de potes qui faisaient tous partie du même groupe depuis le collège. Ils avaient tous fait les classes CHAM et passaient beaucoup de temps à jouer ensemble. Passer du temps avec eux m’a vraiment redonné envie de faire de la musique, alors j’ai recommencé en école et au lycée avec eux. À la fin du lycée, comme beaucoup, j’étais perdu sur ce que je voulais faire. Et vu que la musique, c’était sympa, je me suis dit : « Ouais, pourquoi pas ! » J’ai donc passé les concours d’entrée au conservatoire, sauf que… je n’avais pas le niveau. Je savais juste lire la musique et, en jazz, on improvise beaucoup. Du coup, je n’ai pas été retenu, du moins sur le moment. Quelques jours après les auditions, le professeur de saxophone du conservatoire m’appelle pour me dire qu’un élève s’était désisté et qu’ils avaient donc une place. Sans trop réfléchir, je me suis lancé là-dedans.

    Encore une fois, je ne me rendais pas vraiment compte du travail que ça allait demander, mais j’étais motivé sans vraiment savoir comment m’y prendre. Les deux premières années au conservatoire ont été catastrophiques. J’étais là sans vraiment savoir pourquoi. En fait, je n’avais jamais vraiment réfléchi à ce que je voulais faire de ma vie. J’étais juste là et j’avançais. La troisième année a été un changement pour moi, sans vraiment savoir pourquoi ni comment, mais j’ai trouvé quelque chose qui me parlait. C’était la musique de Dexter Gordon. Le timbre de son instrument, ses phrases, son sens mélodique… c’était une évidence. Je voulais jouer comme lui. J’ai alors commencé à l’écouter tous les jours : en voiture, dans le train, à la maison, tout le temps. Et plus je l’écoutais, plus je tombais amoureux de cette musique. Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais cette musique me parle. Je la comprends, je la ressens, elle me touche profondément, au cœur et à l’âme.

    Après le conservatoire, j’ai commencé à jouer dans les clubs, d’abord à Lyon. Je me couchais tard tout le temps. On finissait à 4 ou 5 heures du matin, on jouait toute la nuit et on écoutait aussi les autres. Parfois, des musiciens qu’on ne connaissait pas jouaient dans les clubs, mais on savait que c’étaient de grands messieurs. C’était cette vie-là que je voulais vivre.

    En 2012, c’était tellement dur de vivre de ça que j’ai tout stoppé pendant 6 mois pour faire une transition professionnelle sur Paris en tant que croupier de poker. Mais ça n’allait pas. Je dormais chez des musiciens, je passais beaucoup de temps avec eux et, après le travail, j’allais dans des clubs pour jouer. Finalement, même si j’adorais le métier de croupier, je n’ai pas pu tenir. Une nouvelle fois dans ma vie, je n’y trouvais pas de sens. Pendant que mes collègues partaient pour des concerts, des tournées partout en France, moi j’étais enfermé à distribuer des cartes. J’étais envieux.

    J’ai donc tout plaqué… de nouveau… et je me suis réinstallé à Lyon. J’ai eu mon premier appartement où, cette fois, je vivais seul… Pas de coloc, pas de copine. Juste moi qui rentrais le soir pour dormir, travaillais mon instrument toute la journée et partais dans les clubs le soir. C’est vrai que ce métier nous permet de gérer notre journée comme on le souhaite. On se lève quand on le veut, on travaille si on le veut… Bien sûr, ça a des répercussions, mais on gère. La journée, soit tu travailles ton instrument, soit tu pars faire des sessions avec les collègues. Je ne parle même pas du démarchage pour trouver des dates, c’est évident et j’en ai déjà beaucoup parlé.

    Quand je suis revenu cette même année sur Lyon, c’est la première fois que j’avais fait le choix de faire de la musique. Ce n’était plus un choix par défaut parce que je n’avais rien fait d’autre, mais un choix conscient.

    Et quel choix !

    Le choix conscient de faire de la musique change complètement le mindset. Tu sais pourquoi tu fais les choses. Tu sais pourquoi tu te lèves le matin, tu t’acharnes plus pour y arriver. Ça a du sens. Ça m’a bien évidemment demandé beaucoup de travail, mais c’est à ce moment-là que j’ai trouvé mes premiers gros contrats. Et puis, cette même année, j’ai aussi enregistré mon premier album.

    Mon premier album est né d’une raison plutôt que d’une envie. En revenant à Lyon et en choisissant de vraiment faire de la musique ma vie, je me suis aussi confronté au pourquoi j’avais arrêté la première fois. Quand tu n’es personne, tu n’as pas de dates. Et quand tu n’as pas de dates, eh bien, tu n’es personne. C’est vraiment le chien qui se mord la queue. Le problème, c’est que quand tu n’as pas de relations, que tu ne sors pas d’une grande école ou que tu n’es pas au bon endroit au bon moment, c’est toujours très compliqué de percer.

    Alors je me suis dit que si je voulais me démarquer, je devais faire quelque chose d’inhabituel pour un mec de mon niveau, qui était très bas à l’époque. Je voulais faire des concours et avoir quelque chose à présenter aux différentes salles ou aux festivals. Quelque chose de professionnel. Pas une vieille bande-son enregistrée à la va-vite ou une vidéo tournée rapidement dans un club. Je voulais taper fort, tout de suite.

    Alors j’ai commencé à écrire, écouter, écrire, relire, jouer, réécrire. Mais le seul problème — et ça, je m’en suis rendu compte des années plus tard — c’est que je n’écrivais pas vraiment ce qui me faisait plaisir. J’écrivais dans le but d’être remarqué par les festivals. Et à l’époque, le style était beaucoup plus tourné vers le jazz moderne. Comme j’aimais beaucoup Joshua Redman, j’ai voulu écrire un peu dans son style, un jazz bop mais résolument moderne. Bon, je ne suis pas mécontent de ce premier album, mais au final, ce n’était pas vraiment la musique que je voulais défendre.

    De cet album est né mon premier vrai groupe. Dans ce premier groupe, il y avait un pianiste qui m’a beaucoup appris et soutenu pendant de nombreuses années. Et merci à lui, parce que s’il n’avait pas été là, ça aurait été plus dur pour moi. Après plusieurs représentations avec cette formation, pendant presque un an, je me suis rendu compte que ce n’était pas la musique que je voulais vraiment défendre. Je voulais revenir à un format beaucoup plus jazz standard.

    Le problème, c’est que lorsqu’on met ça en avant, avec aussi le fait que les musiciens qui m’accompagnaient n’avaient pas beaucoup de temps à m’accorder pour répéter ce répertoire ultra précis, j’ai dû me séparer de certains pour travailler avec d’autres qui avaient plus de temps. Pour être plus précis, le contrebassiste ne voulait pas jouer des standards et le batteur n’avait tout simplement pas de temps à accorder au projet. Ce n’était pas évident, mais j’ai dû me séparer d’eux et j’ai gardé le pianiste avec moi.

    J’ai donc reformé le groupe avec des musiciens du même calibre, mais plus disponibles et davantage dans la fibre musicale que je désirais. Et avec eux, on est revenu aux standards : Rollins, Dexter et, plus tard, en arrivant à Paris, j’ai découvert Grant Stewart, qui marquera à jamais ma manière de jouer. J’ai donc intégré un peu plus de son répertoire.

    En arrivant sur Paris et en jouant beaucoup, énormément plus, avec des musiciens d’un meilleur niveau, j’ai ressenti que je n’avais plus envie de rester sur Lyon. Je devenais aussi beaucoup plus sûr de moi et plus exigeant dans ce que je voulais. J’étais mieux préparé pour les concerts quand je revenais sur Lyon. Et ma manière de diriger les autres était elle aussi plus précise, plus exigeante. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pouvais, et probablement ne voulais, plus continuer ce projet. Je ne sais pas si je peux dire ça comme ça, mais j’ai senti qu’ils n’étaient plus au niveau de mes exigences. Et petit à petit, j’ai fini par ne plus trouver de dates vers Lyon et par prendre de la distance avec eux pour me tourner de plus en plus vers ma vie parisienne.

    En arrivant sur Paris, tout était beaucoup plus exigeant. Autant les sessions, les concerts que les jams. Mais qui dit plus exigeant dit aussi moins friendly. Ma première jam session ne s’est vraiment pas bien passée. Je me sentais nul, c’était très compliqué. Un pianiste m’avait même un peu humilié sur scène. Sur le moment, en tout cas, j’ai surtout compris que je n’avais pas envie de m’entourer de personnes avec lesquelles je ne me sentais pas bien.

    Je pense que j’ai vécu à fond ma vie de musicien à Paris. Des sessions en journée, parsemées de quelques cours, et des concerts le soir, suivis de jam sessions. J’ai beaucoup été dans les clubs. Sur certaines périodes, je pense que j’y étais vraiment tous les soirs. Ce qu’il y a de bien quand on sort tous les soirs, c’est qu’on finit par être connu des ouvreurs et ouvreuses de club. Donc on finit par ne plus payer les entrées pour aller voir de chouettes concerts. Et j’ai vraiment pu voir de chouettes concerts que je n’aurais peut-être pas pu voir si j’avais eu un job lambda.

    Le revers de la médaille est présent aussi. Par exemple, la vie à Paris est extrêmement chère, au point qu’on ne pouvait pas vivre en ville mais en banlieue, et ça a parfois été très dur. Je me souviens qu’on avait tout juste de quoi payer le loyer et manger tous les mois. En vrai, il ne restait presque rien à la fin du mois.

    Le statut d’intermittent, c’est à la fois bien, mais aussi une horreur. C’est comme une épée de Damoclès qui est en permanence présente au-dessus de vous. Si une année, vous n’avez pas votre statut, autant dire qu’il n’y a pas d’argent qui rentre. Et même si on travaille chaque jour, chaque minute, à chercher des dates, faire des sessions ou encore tout simplement pratiquer l’instrument, si on rate une seule date et qu’on n’arrive pas à faire le nombre à temps, pas de statut et donc pas d’argent. Mais j’y reviendrai plus tard.

    À Paris, j’ai quand même réussi à gagner ma vie de différentes manières, mais ce n’était jamais vraiment évident. Bien sûr, il y avait le statut d’intermittent, mais on a aussi travaillé dans différentes choses avec Sarah, notamment dans l’immobilier. Ça a permis de compenser aussi les différentes années où c’était compliqué avec le statut.

    J’ai aussi monté mes plus gros projets artistiques et fait mon second album.

    Mais ce sera l’objet d’un autre blog…

  • Blog #3 – Une autre vie … !

    Blog #3 – Une autre vie … !

    J’ai cette impression que ça fait 40 ans que la vie que je vis n’était pas la mienne. Elle me paraît aujourd’hui si insipide, vide de tout sens. Et pourtant, j’ai vraiment eu l’impression de faire ce que je voulais faire.

    J’ai été musicien professionnel pendant 20 ans. J’ai commencé avec d’autres jobs à côté car c’est toujours très dur d’avoir le saint Graal pour un artiste en France : l’intermittence du spectacle.
    Alors pendant près de 8 ans, j’ai fait plein de jobs. En restauration, en animation, en supermarché, dans la presse gratuite, comme croupier de poker et, bien sûr, comme professeur de musique. Quand j’ai réussi à avoir mon premier statut, j’ai ressenti une sorte de délivrance. Mais elle n’a pas été très grande car, au-delà d’avoir de l’argent tous les mois pour faire ce que tu aimes, il faut penser à renouveler tous les ans. Et renouveler, ça signifie surtout tout recommencer à zéro à chaque fois.

    Quand tu commences une carrière, c’est très dur dans la musique, et particulièrement dans le jazz, car il y a énormément de monde sur le marché, des gens de talent, et très peu de places. Avoir un poste fixe dans un orchestre, c’est quasiment chose impossible, à moins d’avoir une chance incroyable. Ta seule chance, c’est de trouver des dates qui paient ou alors qu’on t’appelle pour ça. Mais on ne va pas se mentir : quand tu joues d’un instrument à vent comme moi, le saxophone, tu n’es pas forcément celui qu’on appelle en premier. Alors tu dois tout trouver tout seul. Les dates en club, les festivals, peut-être même quelques dates d’événementiel. Sauf qu’en fait, tu n’es personne et donc personne n’a entendu parler de toi. De ce fait, c’est très compliqué d’avoir des contrats. Alors il te reste les jam sessions pour te montrer, mais aussi pour réellement apprendre le métier.

    J’ai adoré autant que j’ai détesté les jams. C’est un super moment parce que tu rencontres vraiment du monde, et tu peux aussi montrer pourquoi tu travailles. Parfois, il se passe de super choses dans les jams. Mais la plupart du temps, c’est plus fait pour s’afficher que pour passer un vrai moment de convivialité, chacun voulant montrer aux autres qu’il est le meilleur. Les jams, c’est aussi le moment où tu te rends compte que tu n’es pas aussi bon que ce que tu pensais, et ça te permet de voir tout le chemin qu’il te reste à parcourir. C’est à la fois motivant et démotivant.

    C’est aussi le moment où tu te rends compte que tu es seul, surtout quand, comme moi, tu arrives à Paris sans connaître personne, que tous les gens sont déjà dans des groupes bien distincts et que c’est très dur d’en intégrer un seul. Pour ma part, je pense qu’en 10 ans à Paris, je n’ai pas réussi à intégrer un seul groupe. Déjà, je ne bois pas et je ne fume pas, et ça, dans un milieu où c’est presque une seconde nature… Du coup, je suis le gars pas drôle qui ne sait pas s’amuser. Et puis, quand tu débarques, il y a aussi le fait que les gens pensent qu’ils vont pouvoir avoir du travail grâce à toi. Sauf que déjà, toi, tu n’en as pas, alors en avoir pour les autres, c’est compliqué. Donc toutes ces personnes qui venaient manger à ta table pour le côté friendly finissent bien vite par partir. Et puis, tu te rends compte encore une fois que, finalement, tu es seul.

    Alors tu bosses, tu travailles dur pour monter une formation, avoir des dates, te montrer encore et toujours. Et puis, quand tu as suffisamment de notoriété… tu peux enfin faire ce qu’il y a de merveilleux dans ce métier : le partager avec les grands maîtres. J’ai eu l’occasion, sur ces dernières années d’intermittence, de pouvoir le partager avec certains des grands maîtres que j’adore : Grant Stewart, Harry Allen, Joe Magnarelli, Jim Rotondi, Saul Rubin, Jeb Patton. Ils ont tous apporté une expérience unique. Parfois très bénéfique et parfois plus compliquée, mais je ne regrette rien.

    Monter des tournées avec ces grands musiciens m’a aussi appris beaucoup de facettes d’un métier qui ne devrait pas être le nôtre. Alors que les artistes avec plus de notoriété ont des agents, des managers, des community managers, des imprésarios et j’en passe, bah toi, tu dois tout faire seul.
    Prendre contact avec le musicien que tu souhaites inviter, négocier avec lui son salaire (pas trop non plus, c’est eux les stars après tout), réserver l’avion, recruter les autres musiciens de l’orchestre. Relever la musique, l’apprendre, puis rechercher des lieux, des dates de concerts, tout en faisant attention au parcours pour ne pas que ce soit trop épuisant dans les trajets. Négocier les contrats avec les lieux. Proposer une affiche que tu auras au préalable faite, pourquoi pas un montage vidéo, du son. Réserver les trains, les hôtels, les restaurants. Faire des recherches de subventions. Et une fois que tu as finalisé tout ça, ne pas oublier que tu dois prendre du temps pour pratiquer ton instrument, sinon ça ne sert à rien si tu es nul.

    Après la tournée, il faut bien s’assurer que les lieux paient. Parfois, ce n’est pas toujours le cas. Et une fois que tous les lieux ont payé, il faut payer les musiciens. Et si toutes les planètes se sont alignées, que tu as réussi à avoir de belles dates, quelques subventions et que la balance est correcte, peut-être que tu pourras te payer une fois que tu auras payé la personne qui doit faire l’administratif et centraliser tout l’argent. Et bien oui, tu passes toujours en dernier.

    Et quand tu auras fait quelques tournées, que tu auras pris du plaisir ou pas, il faut aussi se dire que les autres musiciens du milieu, pour la plupart, seront mécontents parce que toi, tu as pu et pas eux. Et du coup, tu ne te sens plus trop à ta place dans le milieu et tu finis par faire les choses dans ton coin. Et toute cette envie concernant ce métier, qui devrait pourtant être l’un des plus beaux, devient tout à coup amère. Et tu te demandes pourquoi tu te bats autant.

    Pour toi. Et contre tous…

    Bon, c’est vrai que le portrait que je fais du métier semble un peu sombre. C’est pour cette raison que j’ai mentionné au début du blog que j’ai autant adoré que j’ai détesté ce métier. La vérité, c’est que sans ce côté administratif horrible et aussi le fait qu’il n’y a pas assez de travail pour tout le monde, c’est de loin un métier incroyable. Je pense que je serai toujours musicien dans mon cœur et dans mon âme. La musique m’a pris aux tripes comme rien d’autre en ce monde. Et pourtant, j’ai beaucoup de passions, mais nous en reparlerons plus tard.

    Ce qui est sûr, c’est que durant toute ma vie de musicien, j’ai vécu corps et âme pour cette musique que j’ai tant aimée. Être sur scène et ressentir qu’il se passe quelque chose qui nous transcende, nous transporte et se crée instantanément… c’est comme magique. Alors oui, c’était souvent dur. Mais la musique sera en moi tout le reste de ma vie et je continuerai à ressentir des choses fortes en écoutant du jazz, surtout celui des grands maîtres !

  • Blog #2 – Un peu de contexte…

    Blog #2 – Un peu de contexte…

    Ça faisait longtemps que j’avais envie de parler et de partager. Sans doute que je ne l’ai pas fait avant parce que je me disais que je n’avais pas le temps, ou que je n’y voyais pas vraiment d’intérêt à long terme.

    Mais finalement, il fallait juste se lancer.

    Je me rends compte que nous avons tous une histoire à raconter. Ou même, sans forcément parler d’histoire, simplement des choses à dire. Pourtant, trop peu de gens partagent leur expérience, sous prétexte qu’ils la trouvent inintéressante ou qu’ils ont peur d’être jugés.

    Si je peux vous aider là-dessus, je dirais simplement une chose : personne n’a le droit de juger qui que ce soit.

    Ce que vous avez à dire sera peut-être une évidence pour certains, mais beaucoup moins pour d’autres. Parfois, il suffit d’un petit détail pour tout changer. Un petit détail peut modifier la perspective d’une idée, d’une pensée ou d’un point de vue.

    Alors pourquoi ne pas partager votre expérience pour cette personne qui en aura peut-être besoin ?

    Qui sait… peut-être qu’aujourd’hui, ces quelques paroles suffiront à changer la vie de quelqu’un.

    Prendre conscience des choses prend du temps, mais il faut bien commencer quelque part. Une simple fleur peut embellir un jardin. Alors pensez-y, et n’ayez plus peur. Votre expérience est unique, et elle vaut le coup d’être partagée.

    Il est temps maintenant de parler de ce que je prévois de faire. Changer de vie, c’est plein de choses. Mais pour ma part, ça passera par le voyage.

    Aujourd’hui, on va parler de mes attentes…

    Je me sens comme dans un étau, enfermé dans ce monde étriqué et vide de sens dans lequel on peut facilement se perdre. Perdre ses rêves, ses désirs, ses envies, sa vie… Il est tellement facile de demeurer dans un quotidien dicté par d’autres. Dicté par un pouvoir en place qui ne veut pas qu’on sorte de notre ordinaire… pour devenir des gens extraordinaires.

    Les petits bonhommes ont trop peur de perdre le contrôle sur nous, sur notre destinée, et surtout sur leur petite masse salariale qui leur permet de rester bien nichés, bien haut, à l’abri, là où personne ne peut les atteindre.

    C’est sûr que le voyage ne va pas nous permettre de sortir de ce système. Mais j’espère qu’à la fin de celui-ci, on pourra y voir plus clair, et peut-être se rapprocher d’une idée, voire d’une solution.

    L’autonomie, peut-être ? Mais on en parlera plus tard. Ce qu’on cherche dans le voyage est propre à chacun. Pour ma part, en plus de découvrir la vie, peut-être que j’y cherche une rédemption. La rédemption d’une vie perdue. D’une vie de désarroi.

    Ce que je commence à comprendre avec le temps : j’ai envie d’aller voir d’autres cultures, comprendre comment ces personnes vivent, pensent, s’aiment… C’est ce que je recherche à court terme. Redécouvrir la vie. Et surtout, commencer à vivre moi-même. Et le faire avec celle que j’aime. Car il y a une chose qui est sûre pour moi :

    “La vie n’est rien si on ne peut pas la partager avec la personne que l’on aime.”

    Se réveiller à ses côtés, la voir sourire, s’émerveiller de ce que la nature nous donne, la voir heureuse. Vivre plein d’aventures avec elle, pour finalement s’endormir le cœur léger à ses côtés et se dire que c’était génial. Et avoir encore envie de recommencer.

    Je veux arriver à la fin de ma vie et me retrouver devant le créateur. Et au moment où il me dira : « Tu veux y retourner ? », pouvoir lui répondre :

    “Oui ! “

    Parce que j’ai adoré.

    Mais ça, c’est aussi parce qu’elle était là. Parce qu’on a vécu pleinement notre vie. Et plus le temps passe, plus je me dis que le voyage pourra peut-être combler ce vide en moi… en nous. Cette idée ne sort pas d’un chapeau magique : c’est aussi parce qu’on a déjà beaucoup voyagé que je le sens, que je le sais. Mais nos métiers respectifs, à l’époque, nous ont cadenassés dans notre vie d’alors.

    Aujourd’hui, à 40 ans, j’ai enfin la force de prendre cette décision : changer de vie.

    En vrai, il n’est jamais trop tard. On pense tous qu’un crédit à la banque, des situations familiales ou des problèmes de santé sont trop difficiles à surmonter. Mais en réalité, il n’est jamais trop tard pour au moins y réfléchir. C’était aussi notre cas, avant de nous poser la question. Nos métiers, notre maison, notre famille…

    Et nous alors ? C’est quand qu’on pense vraiment à nous-mêmes ? J’en ai marre de vivre à travers les autres. Moi aussi, je veux voir, sentir, toucher, être émerveillé… Juste vivre.

    Ah oui, et autre chose… Je le sais parce qu’on a vécu en vanlife pendant deux ans, et c’était génial.

    Mais ça, c’est une autre histoire…

  • Blog #1 – Pourquoi un blog ?

    Blog #1 – Pourquoi un blog ?

    Par où commencer ? Il y a tellement à dire, mais je vais essayer d’être concis parce que, contrairement à Sarah, j’aime bien rentrer profondément dans les détails, voire même beaucoup trop. Ce blog est aussi là pour ça : raconter tout ce qu’on ne peut pas vous dire en vidéo ou dans des stories. Alors j’espère que cette aventure vous plaira, que vous découvrirez des histoires qui vous intéresseront et, peut-être, qu’elles pourront vous inspirer.

    On a tous ce moment dans notre vie où on se réveille, le temps passe si vite, et on se demande pourquoi on en est là… Est-ce qu’on a pris les bons chemins ?

    Pour ma part, je ne suis pas heureux là où je suis, et je n’ai pas envie de me résoudre au métro-boulot-dodo jusqu’à ce que je ne puisse plus rien faire. Je suis encore jeune et, surtout, j’ai la volonté de changer les choses. Et par-dessus tout, j’ai quelqu’un avec qui je veux partager ça.

    Alors le but, c’est de changer de décor, de changer de style de vie, de partir à l’aventure et de profiter un maximum de ce que la vie a à nous apporter.

    Il n’est jamais trop tard. On ne sait jamais vraiment par où ni comment commencer, mais il suffit peut-être juste d’avoir des rêves et de se lancer. L’inconnu fait toujours peur, mais je préfère partir vers l’inconnu, quitte à être surpris d’une bonne ou d’une mauvaise façon, plutôt que de m’enraciner dans une vie qui n’a aucun sens.

    Alors aujourd’hui, c’est le jour 1 pour changer de vie. Je vous amène avec moi, et on va vivre cette nouvelle aventure ensemble.

    Je ne vous promets pas toujours de bons moments ou de belles histoires. Des fois, ça va être super, et parfois, ça va être dur. Mais l’arrivée en vaut la peine, ça, je vous le promets !

    On va se servir de ce blog pour partager nos aventures, mais aussi nos réflexions sur la vie et nos interrogations. Parfois, je vous parlerai en toute intimité, et parfois, ce sera Sarah. Mais bien souvent, nous vous parlerons surtout ensemble de notre belle aventure.